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Le rapport Montaigne sur la santé

L’Institut Montaigne, “think tank libéral de réflexion sur les politiques publiques” a sorti un rapport dimanche 15 mai 2022 intitulé : “Santé : faire le pari des territoires”. Rédigé par deux experts, Cédric Arcos, maître de conférences en politiques de santé à Science Po Paris et Gérard Friedlander, délégué général de la Fondation Université de Paris, il met en lumière de façon interactive l’état du système de santé français et formule des propositions. 
Explications.
 

1- Une cartographie interactive

Dans le rapport de l’Institut, la France est découpée en 7 grandes familles : les bien-portants, les désavantagés, les dynamiques, les enclavés, les ruraux, les ultramarins et les vulnérables. Ces groupes reflètent précisément les besoins et les dépenses de santé au niveau départemental.
L’Isère fait par exemple partie de la famille des bien-portants. Les dépenses de santé par an par habitant représentent pour ce département 2150 euros. Autre exemple, dans le Loir-et-Cher, intégré dans la famille des ruraux, les dépenses de santé par an et par habitant représentent 1925 euros.
Dans les Bouches-du-Rhône, famille des désavantagés, les dépenses de santé par an et par habitant représentent 2767 euros, tandis qu’elles représentent 1838 euros dans la Marne, famille des vulnérables (fort taux de tabagisme). 

2- Propositions

Les deux experts formulent 15 propositions en trois piliers afin de “construire un système de santé depuis le terrain”, loin “d’une gouvernance qu’ils jugent complexe, et [en vue] de mettre fin à une centralisation des décisions à leurs yeux “excessive””.

Ainsi ils proposent dans un premier pilier d’accorder aux acteurs du monde de la santé l’autonomie et la liberté nécessaires à leurs actions. Ils souhaitent mettre cela en oeuvre en déléguant la gestion des tâches et en promouvant le principe de subsidiarité (principe selon lequel une autorité centrale ne peut effectuer que les tâches qui ne peuvent pas être réalisées à l'échelon inférieur). Ils conseillent également de réinvestir la médecine de ville. 

Dans le deuxième pilier de propositions, les auteurs formulent l’idée de soutenir les territoires comme pilotes des politiques de santé. Cela demanderait par exemple une plus grande implication de la part des patients ou encore de faire du niveau local l’échelle privilégiée des écosystèmes d’innovation.

Enfin, ils proposent dans un troisième pilier, de construire une nation de santé publique capable d’anticiper les défis de demain. Pour ce faire, ils souhaitent par exemple consolider une filière santé d’avenir, s’inscrire dans une perspective européenne, ou encore faire émerger un véritable service public de santé territorial. 

Le Président de la Mutualité Française, Eric Chenut, a été auditionné pour ce rapport, ainsi que 34 autres personnes.